Où l’on va voir comment certains seigneurs de Béon de La Palu de la Renaissance ont transformé le centre du village de Castex.
Les seigneurs de Béon de La Palu furent, parmi les familles nobles d’Astarac, de celles qui n’ont rien perdu pendant la guerre de Cent ans grâce à des biens fonciers étendus et à des alliances matrimoniales avantageuses. Petits seigneurs jusqu’au 15ème siècle, le montant de la dot de leurs épouses montre une élévation certaine au cours des deux siècles de la Renaissance.
Avant d’étudier les transformations du village de Castex, on reprend la succession des seigneurs de Béon de La Palu à partir de Pierre II, fils de Bernard III que l’on avait abandonné à l’article 13-04, lorsqu’il avait financé pour moitié la construction d’un moulin sur l’Arros en 1338. La numérotation avait commencé avec Arnaud Ier (article 13-01) ; elle se poursuit avec Pierre II.
Succession des seigneurs de Béon de La Palu d’Armentieu
Les informations concernant les seigneurs de Béon sont principalement extraites du Nobiliaire de Guyenne et Gascogne de O’Gilvy (1856). On a sélectionné les données relatives à des faits et des actes concernant Castex (Castets autrefois) et Maumus. Quelques commentaires sont en italiques.
VI. Pierre II de Béon de La Palu, fils de Bernard III. En 1355-1356, durant la chevauchée du Prince Noir en Gascogne, Pierre de Béon, seigneur d’Armentieu[1], était capitaine de Castelnau-Rivière-Basse sous les ordres du comte d’Armagnac (selon une quittance du 3 juillet 135 Pour la chevauchée du Prince Noir, voir l’article 14-04). Il épouse vers 1385 Jeanne de Maumus, dame de Castets, dont il a eu 8 enfants, 5 filles et 3 garçons. En 1392 il rend hommage à Bernard, comte d’Armagnac pour ses terres d’Armentieux en Rivière-Basse. Pierre II est mort avant 1418.
Le 12 février 1404, noble Condorie de Béon, fille de Pierre II de Béon, après son mariage avec un seigneur du Comminges, abandonne les droits qu’elle pourrait avoir sur les biens de ses parents par acte passé au château de Castets devant Raymond Boussu, notaire de Mont-de-Marrast.
Selon le Nobiliaire, Pierre II aurait donné en dot à ses filles lors de leur mariage un total dépassant 5 000 florins d’or. Où l’on voit que la guerre de Cent ans n’a pas ruiné les de Béon de La Palu … Sa fille la mieux dotée avait reçu plus du double de la moins dotée. On suppose que plus l’époux était titré, plus élevée était la dot. Chacune recevait également sa tenue de mariage et "un lit complet", autrement dit probablement un trousseau complet. En contrepartie elles s’engageaient à ne revendiquer aucun droit sur les biens de leurs parents lors de la succession.
[1] Armentieu : on rappelle qu’autrefois Armentieux s’écrivait Armentieu. On écrit donc seigneur d’Armentieu, et le village d’Armentieux.
VII. Odet (ou Odon) Ier de Béon, fils de Pierre II de Béon. Il épouse Marie de Castelbajac. Il rend hommage en 1424 au comte de Pardiac pour son fief de Sérian (aujourd’hui Blousson-Sérian). Il fut présent avec d’autres seigneurs du Pardiac en 1448 lorsque le juge de l’archevêché d’Auch certifia la sentence prononcée en 1305, ordonnant que les coutumes données au comté de Pardiac seraient remises en vigueur, que les nobles auraient, sur leurs terres et châteaux, droit de justice pour toutes les causes civiles et même pour les causes minimes qui regardent la justice criminelle, comme dégainement d'épées, coups et menaces de bâtons, soufflets ou effusion de sang d'homme à homme, etc.
On a vu à l’article 15-01 comment les seigneurs ont cherché, souvent sans succès, à retrouver les droits féodaux qu’ils détenaient avant la guerre de Cent ans. On verra dans un prochain article comment les rois de France de la Renaissance sont parvenus à leur imposer progressivement la justice royale et restreindre leurs droits de justice (la justice criminelle en particulier).
Noble Arnaud de Béon, frère d’Odet de Béon, coseigneur et habitant du lieu de Castets, écrit dans son testament dicté et fait au lieu de Castets le 16 mai 1450, vouloir être enseveli dans l’église paroissiale de Castets, devant l’autel de la Vierge, et fait plusieurs legs à l’église de Castets et à d’autres églises, ainsi qu'au couvent des Carmes de Trie, au couvent des Augustins de Marciac, à l’église Notre-Dame de Maumus. Il institue par ailleurs comme légataire universel son cousin Odet II, fils de Bernard IV qui suit.
Le Nobiliaire mentionne pour la première fois l’église paroissiale de Castex en cette année 1450. Une hypothèse concernant la construction de cette église, et un scénario de transformation du village sont proposés plus loin.
Le cloitre du couvent des Augustins de Marciac a été vendu et se trouve aujourd'hui en Californie
Le cloitre du monastère des Carmes de Trie se trouve aujourd'hui en partie à New-York (photo de gauche), en partie au jardin Massey de Tarbes (photo de droite)
Le couvent des Augustins de Marciac et le monastère des Carmes de Trie datent des 14èmes et 15èmes siècles. On verra dans un prochain article qu’ils ont été ravagés pendant les guerres de religion au 16ème siècle, ce qui explique leur situation actuelle.
Noble Jean de Béon, un autre frère d’Odet, abbé du monastère de Tasque, fait donation au bénéfice de son neveu, Odon (Odet II) de Béon de tous ses droits sur les lieux de Castets, de Sérian et d’Armentieux, donation faite le 7 décembre 1451 au château de Castets devant Jean de Argebos, notaire public[2].
[2] Notaire public : Il y avait à cette époque deux catégories de notaires, les notaires royaux et les notaires seigneuriaux. Le notaire public de Jean de Béon était probablement notaire seigneurial. Miélan, qui faisait partie de la jugerie de Rivière, hébergeait un notaire royal. Tous les seigneurs se faisaient assister d'un notaire, exclusif ou partagé, au plus tard à partir de la fin du 14ème siècle pour la tenue des censiers, plus tard appelés terriers, ou livres terriers, qui permettaient à leurs bayles d’évaluer le montant des redevances dues par les tenanciers et de contrôler leur versement. Les notaires seigneuriaux et royaux traitaient également d’actes familiaux, mariages et successions, donations, apanages, et d’actes civils, prêts, quittances, etc.
VIII. Bernard IV de Béon, second fils de Bernard III de Béon, épouse Guirote de Genhan dont il a eu 4 enfants, deux garçons et deux filles. Bernard IV acquiert en 1422 la seigneurie de Rambos (Aujourd’hui A-Rambos sur la commune de Castelnau d’Anglès) et y fait construire une "Salle" en pierres de deux étages (dont il reste quelques ruines). Son second fils noble Beringuier de Béon est à l’origine de la lignée des Béon, seigneurs de Bière.
La seigneurie de Bière se trouvait dans la baronnie de Montesquiou, au nord du village sur la rive gauche de l’Osse. On verra pour une courte période un seigneur de Béon de Bière résider à Castex au 17ème siècle.
IX. Odet II (ou Odon) de Béon (1430-1488), fils de Bernard IV de Béon, seigneur de La Palu, seigneur d’Arrembos, de Castets, d’Armentieu, de Sérian et autres lieux, coseigneur de Maumus, Ortigos[3] et Gran. Il épouse en 1468 Catherine de Lin, ou d’Aulin. Il est cité comme héritier universel de noble Arnaud de Béon, seigneur de Castets, coseigneur de Sérian, frère d’Odet Ier de Béon, par testament passé au château de Castets le 16 mai 1450.
Odet II passe un acte d’échange le 8 janvier 1482 avec noble Bertrand de Maumus, par lequel il lui cède les territoires d’Arrembos acquis 60 ans plus tôt par son père, et de Gran. En échange Bertrand de Maumus lui cède sa part des territoires de Maumus et d’Ortigos avec tous les droits en dépendant. Odet de Béon lui paie 50 écus de plus-value, acte passé à Trie en présence de messire Sanche de Milhas, prêtre de Castets.
Arnaud II de Béon avait acquis des droits sur Maumus en 1319 (voir l’article 13-01), mais il n’était donc que co-seigneur de Maumus. Par l’acte de 1482 il devient propriétaire éminent et seigneur de Maumus.
[3] Ortigos : hameau de la paroisse de Maumus, aujourd’hui Artigaux.
Dans leur testament Odet II et sa femme font des legs à diverses églises, dont celle de Castets et celle de Maumus, testament délivré par commission de Jean, comte d’Astarac. L’exécuteur testamentaire est son fils ainé Bertrand de Béon.
Le second fils, François de Béon reçoit en apanage les droits de son père sur les seigneuries de Casaux et de Sérian, mais ces droits font l’objet d’un procès. A défaut François de Béon recevrait les seigneuries de Castets et de Maumus.
L’église Notre Dame ou de l’Assomption de Maumus remonte peut-être au 10ème siècle. Elle a été remaniée plus d’une fois mais a conservé la configuration des chapelles et églises d’Astarac, avec un clocher-mur et une porte d’entrée ogivale sous un emban en façade sud. Elle fut à l’origine la chapelle du seigneur de Maumus dont le château se trouvait plus au sud (d’après les notes de l’abbé Cazauran dans son édition du cartulaire de Berdoues)
X. Bertrand de Béon (1475-1557), fils ainé d’Odet II de Béon, épouse en 1501 Jeanne d’Ornezan, fille de Jean d’Ornezan, seigneur de Saint-Blancard, et d’Agnès d’Astarac. Jeanne d'Ornezan reçoit une dot de 2 000 livres à son mariage, dont une partie en terres. Il a eu 12 enfants légitimes, 7 fils et 5 filles, et un fils naturel auquel il fit donation d’une seigneurie en Magnoac. Bertrand de Béon achète le lieu de Belloc pour 500 écus à Jean d’Antin en 1551, acte signé au château d’Armentieux. En sa qualité d’ainé de sa famille, c’est Bertrand de Béon, après le décès de son père, qui a la charge de payer les dots de ses sœurs.
Son fils ainé, Gabriel de Béon, est son héritier universel. Le second, Jacques, est chanoine et reçoit la place de Belloc. A son troisième fils Savaric, Bertrand de Béon fait donation de Castets, d’Ortigos dans la jugerie de Rivière, et de Maumus dans l’Astarac.
Pour la jugerie de Rivière, voir l'article 13-03. Ce Savaric s’engagera dans les armées du roi de France et ira guerroyer en Italie. Avant de partir, il passe une transaction avec son frère ainé concernant son héritage au cas où il ne reviendrait pas. On ne sait pas ce qu’il advint de Savaric de Béon, mais on verra plus loin que l’objet de la donation de Bertrand de Béon est revenu dans ses biens.
Les cinq filles de Bertrand de Béon furent toutes mariées sans que l’on connaisse le montant de leurs dots. L’une des filles, Marie, mariée à Paul de Labarthe, seigneur de Giscaro, neveu issu-de-germain du maréchal des Thermes, aurait eu 34 enfants (!), dont 32 fils, qui ont été présentés au roi Henri II, le plus jeune ayant 14 ans (Etaient-ils tous des enfants légitimes ?).
XI. Gabriel de Béon, baron de La Palu d'Armentieu (1501-1577), fils de Bertrand de Béon, épouse en 1556 Catherine de Saint-Lary, fille de Pierre de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde et de Paule de Labarthe. Gabriel de Béon décède avant 1577. Sa femme épouse en secondes noces Pierre Arquier ou d’Arquier. Une des filles de Gabriel, Louise d’Armentieu de Béon, assistée de Pierre d’Arquier, seigneur de Castets son beau-père, reçoit en 1591 la place de Belloc, avec fiefs, lods et ventes et autres droits seigneuriaux jusqu’au jour où elle aura reçu 12 000 Livres au titre de sa dot.
Gabriel de Béon est donc le premier seigneur de Béon de La Palu titré baron. Pierre d’Arquier, peut-être originaire de Haute-Garonne, était le beau-père de Louise, sans doute titré seigneur de Castets par son mariage avec Catherine de Saint-Lary.
XII. Pierre III de Béon, baron de La Palu (1556-1590), fils de Gabriel de Béon, épouse le 31 décembre 1579 au château de Caumont, demoiselle Marguerite de Noé, fille de Roger, baron de l’Isle de Noé, chevalier de l’ordre du Roi, qui constitue pour sa fille une dot de 10 000 Livres + 800 Livres pour les habits nuptiaux. En 1582, Pierre de Béon cède à sa mère, veuve, la jouissance des places de Castets, Ortigos et Maumus en paiement des intérêts de sa dot. Pierre de Béon porta les armes dans les armées d’Henri III qui le remercia dans un courrier conservé aux archives. Pierre de Béon fut enseigne de la compagnie de gendarmes du maréchal de Bellegarde.
Il est mentionné dans les mémoires du chevalier d’Antras qu’au printemps 1585, Pierre de Béon, à la tête d’un régiment de ligueurs, après avoir "vexé" les Béarnais, vint reposer son unité en Bigorre. Les Béarnais le poursuivirent, l’assiégèrent et le forcèrent dans sa garnison de Rivière-Basse. (Un prochain article sera consacré aux guerres de religion, et une annexe aux mémoires du chevalier d’Antras).
XIII. Jean-Antoine 1er de Béon, baron de La Palu (1590-1646) naquit posthume, fils de Pierre de Béon. Il épouse le 23 février 1618 Marguerite de Lasseran de Massencôme (1597-1673), fille de François de Lasseran, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi et de dame Isabeau de Durfort et Castelbajac. La dot de Marguerite s’élevait à 15 000 Livres, dont une partie payée en terres, plus 5 000 Livres offertes par l’une de ses tantes. Ils ont eu 5 fils et 7 filles. En 1601 le comte d’Astarac et le baron de Béon sont coseigneurs de Theux. Jean-Antoine de Béon passe une transaction avec ses parents pour rentrer en jouissance des places de Belloc en 1613, et de Sémézies en 1622. Les coutumes de Maumus sont renouvelées le 9 juillet 1628 entre Jean-Antoine et les consuls de Maumus. Elles sont enregistrées par maitre Despaulx, notaire royal de Miélan. Jean-Antoine vend le 1er juin 1632 à Marguerin d’Antras la seigneurie de Gardères en Monlezun, qu’il avait acquise d’Alexandre de Sédillac, seigneur de Bonas.
Marguerin d’Antras était le troisième fils du chevalier Jean d’Antras et de Françoise de la Violette, son épouse.
Jean-Antoine de Béon clos la succession des seigneurs de Béon de la Renaissance. Nous retrouverons leurs successeurs aux 17èmes et 18èmes siècles. On revient maintenant un peu en arrière lorsque les seigneurs de Béon du 15ème siècle ont entrepris de transformer le village de Castex.
Comment le quartier du château de Castex est devenu le quartier de l’église
La mention d’une église paroissiale à Castex en 1450 va nous permettre d’élaborer un scénario de transformation du quartier du château par les seigneurs de Béon (pour le quartier du château voire les articles 13-04 et 13-05).
On a vu plus haut qu’Arnaud de Béon, frère du seigneur Odet de Béon, a résidé au château de Castex avec le titre de co-seigneur. Il y a dicté son testament à un notaire en mai 1450, fait un leg au profit de l’église paroissiale de Castex et a demandé à y être enseveli. C’est donc que l’église paroissiale du village était en fonction en 1450. On rappelle que depuis le 12ème siècle le village disposait d’une église-chapelle (article 12-02). Sur les documents cadastraux de Castex du 18ème siècle, le village possède bien à la fois une chapelle et une église. On fait donc l’hypothèse que lorsqu’Arnaud de Béon parle de l’église paroissiale, il ne s’agit pas de la chapelle, mais de l‘église. Si sa construction fut financée en tout ou partie par la famille de Béon, il parait légitime qu’un Arnaud de Béon demande à y être enseveli. Aucun document antérieur à 1450 ne mentionne une église paroissiale à Castex, et aucun document postérieur à 1450 n’évoque directement ou indirectement la construction d’une église paroissiale. Celle-ci serait donc datée de la première moitié du 15ème siècle.
Son emplacement est décrit dans les cahiers de délibération du conseil municipal de Castex des années 1840 – 1870 et figure sur le cadastre de 1836 (cadastre de Napoléon). Elle a été construite à l’emplacement supposé du castet, sur le côté nord, là où se trouvaient, selon les hypothèses présentées dans les articles 12-02 et 13-04, les bâtiments agricoles seigneuriaux. Si l’église paroissiale a été bâtie à l’emplacement du vieux castet du village, c’est que celui-ci était probablement à l’abandon depuis la fin de la guerre de Cent ans. Le seigneur de Béon aurait donc décidé de le raser.
Que le castet de Castex ait été abandonné après la guerre de Cent ans n’est pas un fait unique. Selon Guy de Monsembernard, ni le castet d’Aussat, ni celui d’Aux n’existent plus en 1530 sur les pouillés, et l’habitat rural est de nouveau aussi dispersé qu'il l’avait été avant la guerre de Cent ans. Cela voudrait dire que ces castets n’ont véritablement existé, pour simplifier, que du 12ème siècle jusque dans le courant du 15ème siècle.
La nouvelle église sera église paroissiale, dédiée à Saint-Laurent, mais aussi seigneuriale. Il est probable que le seigneur de Béon y avait fait mettre des marques familiales : ses armoiries, des peintures ou des fresques. Le plan cadastral de 1836 et les délibérations du conseil municipal de Castex des années 1840-1860 permettent d’esquisser son architecture. Elle était plus petite que l'église actuelle. Comme la plupart des églises rurales d’Astarac elle avait un clocher-mur aveugle face à l’ouest. Il est probable que le clocher portait trois cloches, comme le clocher de l’église qui l’a remplacée à partir de 1864. On y pénétrait par une porte sous un emban en façade sud. L’autel était en marbre blanc, probablement transféré au 19ème siècle dans la nouvelle église, déposé et détruit dans les années 1970. Elle comportait une petite abside en façade nord, ou selon toute vraisemblance se trouvait l’autel de la vierge mentionné par Arnaud de Béon. Si un premier cimetière se situait du côté de l’ancienne chapelle, un nouveau cimetière va rapidement s’implanter autour de la nouvelle église.
On notera que si l’église paroissiale est désormais sur l’emplacement de l’ancien castet, le presbytère est resté là où il était du temps ou l’église-chapelle faisait fonction d’église paroissiale, c’est dire 250 mètres plus au sud sur le chemin de Bernadets. L’église du 15ème siècle sera démolie au milieu du 19ème siècle, et remplacée par l’église actuelle du village.
L'église de Caillavet qui pourrait ressembler à l'ancienne église de Castex
L’autel de la vierge de l’église du 19ème siècle, qui a peut-être été transféré en tout ou partie de l’église du 15ème siècle
Pour construire cette église, il a fallu démolir les bâtiments seigneuriaux agricoles du castet utilisés jusque-là par le métayer qui cultivait les terres de Béon à Castex. Le seigneur de Béon avait besoin d’une métairie pour les exploiter. Il a donc fait construire, sans doute également dans la première moitié du 15ème siècle, une bâtisse plus moderne que les anciens bâtiments du castet. Ce nouveau bâtiment ne peut être que la maison identifiée comme la "métairie du château" sur le livre terrier de 1729, ou plus succinctement comme "le château" sur les registres paroissiaux du 17ème siècle. Cette métairie figure sur le plan cadastral de 1778 sur une parcelle noble appartenant au seigneur de Béon, au bord du chemin de Miélan coté Est, en face de l’emplacement du castet. Cette métairie "Renaissance" fut peut-être au village la toute première maison comportant un rez-de-chaussée et un étage. D’après les registres paroissiaux du 17ème siècle, cette métairie-château sera occupée temporairement par quelques-uns des membres de la famille de Béon.
Sur le cadastre de Napoléon de Castex (1836), les emplacements de la chapelle et du presbytère, de l’église paroissiale et de la nouvelle métairie du seigneur de Béon. Les maisons qui figurent au cadastre sont surlignés en couleur rouge-bordeaux. La métairie-château du 15ème siècle a été démolie après la Révolution de 1789
Le château de Castex du 12ème siècle (articles 12-02 et 13-04) semble avoir été occupé par des proches du seigneur de Béon pendant la guerre de Cent ans. Il n’est plus fait mention de ce château après 1451. Cette bâtisse était alors âgée de deux cent à trois cent ans. Peut-être était-elle utile en temps de guerre, mais certainement malcommode à vivre. De plus elle n'était plus du tout au goût du jour, impossible à moderniser. Le château a donc pu être abandonné dans la seconde moitié du 15ème siècle et n’a pas été reconstruit. Bâti en terre crue, il n’a laissé aucune trace au sol. En 1717, sur la carte du duché d'Antin, ce château et son castet ont disparu. Et si la famille de Béon n’est plus présente physiquement à Castex, "son église" et "sa métairie" manifestent néanmoins sa propriété éminente sur le village.
Ainsi l’ancien quartier du château a été profondément transformé au 15ème siècle, et ne ressemble plus à ce qu’il fut au Moyen-âge. Il sera désormais appelé quartier de l’église. Les autres quartiers de Castex vont également se transformer comme on va le voir dans l’article suivant.