Cet article complète la description du village de Castex sous Louis XIII. On y nomme chaque maison et les ménages qui y résidaient entre 1624 et 1649.
Le quartier de l’église sera décrit en deux secteurs, chacun d’eux et le quartier du Midi, d’abord du côté Est de la route de Miélan à Trie, puis du côté ouest :
- Le quartier de l’église, secteur nord : côté Est depuis le chemin deu Chrestian jusqu’à la métairie du comte de Béon, et pour le côté ouest du chemin de la coste longue à l’église ;
- Le quartier de l’église, secteur central : côté Est depuis le chemin de Maumus jusqu’à la chapelle, et pour côté ouest, de l’église jusqu’à l’ancien chemin d’Estampures ;
- Le quartier du Midi au sud du secteur central, côté Est, puis côté ouest.
Le quartier de l’église et le quartier du Midi sous Louis XIII (base photo aérienne IGN)
Les zones habitées sont de couleur bordeaux. La route de Miélan à Trie est de couleur jaune
Le quartier de l’église, secteur nord
Ce secteur comprend, sur le côté Est du chemin de Miélan et du nord au sud, le clos des Bouas, puis la métairie du seigneur de Béon, et trois maisons sur le côté ouest. On a rattaché le moulin sur l’Osse à ce secteur.
Le moulin de l’Osse
Le chemin dou Chrestian qui conduit au moulin marque la limite entre le quartier de Ginoux et le quartier de l’église. Ce moulin a été décrit dans l’article 15-05. Jean Pradère y est moulié (meunier), décédé dans l’épidémie de 1636 à l’âge de 55 ans. Il n’y a pas d’indication sur son successeur.
Bouas
La maison Bouas, ou Boas, se trouve, entre le chemin dou Chrestian qui mène au moulin, et la métairie du seigneur de Béon. Le registre du 17ème siècle parle de "clos des Bouas". Il n’y a plus qu’un seul ménage dans cette période, mais ce lieu-dit aurait pu avoir été plus dense auparavant. On y trouve le ménage de Barthélémy Vergès, époux de Jeanne Lamarque, originaire de Maumus. Ils ont eu 8 enfants. Plus tard cette maison prendra le nom de "A Vergès".
La métairie de Béon
La métairie de Béon a été présentée dans l’article 15-03. Elle était située sur une parcelle de près de trois hectares entre Bouas et les premières maisons le long du chemin de Maumus.
Domenjas
En face de Bouas, sur le côté ouest du chemin de Miélan, il y a probablement deux maisons appelées Domenjas (Domenjas, pour Aux Domenge), l’une d’un ménage Domenge Carrau et l’autre de deux ménages Domenge et Bernard Cougot. Domenge Carrau est l’époux de Bernarde Lamarque (1637-1647), Domenge Cougot épouse en 1646 Domengea Lalanne (1646-1649), et Bernard Cougot épouse en 1645 Domengea Lasvignes née à Lazies (1645-1649).
Chouteu ou Chouteou
Entre Domenjas et l'église, il y a plusieurs maisons appelées indifféremment Chouteu ou Chouteau (prononcé Choutéou signifiant l’abri, ou la grange en gascon). Les registres indiquent en effet trois ménages de patronymes différents : Jean Carrau époux de Jeanne Lasvignes, originaire de Maumus (1638-1648), Dominique Milhas époux de Jeanne Drouillet (1638-1640), Jean Baudéan époux de Jeanne Dupuy (1632-1645).
Le ménage Baudéan était peut-être un cas particulier car leurs enfants ont pour parrains Pierre Dossat, Arnaud Dossat, ou Martin Courtade, le notaire. Il n'y a pas d'autre Baudéan sur les registres de Castex. Cette famille n'a donc pas fait souche à Castex. Ce n’était pas un bourgeois car le curé aurait écrit sur les registres "Sieur Jean Baudéan". Était-ce le métayer ou le régisseur du seigneur de Béon ? Ce n’est pas impossible car en 1729 il n’y a plus qu’une seule maison à Chouteu, et la première maison au sud de Chouteu, appelée La Grange, autrement dit la traduction de Chouteu en français, est celle du métayer de Béon.
Tuco du Charbanou
Il n’y a pas de maison au Tuco du Charbanou, mais sans doute une cabane habitée par Jean Milhas. Curieusement ce lieu sera encore habité, ou en tout cas propriété des héritiers d’un Pierre Bégué en 1729.
Le quartier de l’église, secteur central côté ouest
Le côté ouest est composé de plusieurs maisons, certaines alignées, d’autres en retrait le long du chemin de Trie, alors que le coté Est s’étend dans la profondeur, jusqu’au "chemin de César".
La première maison à partir de l’église, sur le côté ouest est la "maison commune", propriété du seigneur de Béon, à peu près à l’emplacement du foyer rural d’aujourd’hui. Suivent du nord au sud, Gendre, qui deviendra Comté, puis Latrille qui deviendra Très, Peyrounet, le presbytère, face à la chapelle, et enfin Berroy.
Gendre - Comté
Le lieu appelé Gendre serait devenu Comte ou Comté au 18ème siècle. On a supposé qu’il s’agît d’un même lieu du fait que des ménages au patronyme Porte, ou Laporte, s’y sont succédés, et que ce patronyme n’apparait nulle part ailleurs à Castex. Le toponyme Comté apparait pour la première fois dans les registres en 1715. Or le seigneur de Béon n’a été titré comte que vers 1730. La raison pour laquelle Gendre est devenue Comté n’est donc pas claire. Gendre-Comté est en retrait derrière la maison commune, séparée de l’église par le chemin de la coste de l’église.
Il y a deux ménages Porte (ou Porthe, ou parfois Laporte, prononcé Pourté) à Gendre. Jean Porte qui épouse Franquine Guinté en 1638 (1638-1646), et son frère Pierre Porte qui épouse en 1646 Marie Abadie, originaire de Manas, décédée en 1649 (1646-1649). Il se peut que Pierre Porte ait épousé une Marie Carrau en secondes noces à une date inconnue.
La Trilhe – Très
Il n’a pas été possible de localiser avec certitude la maison Trilhe ou Latrilhe. D’après le livre terrier de 1729, elle se trouvait à l’ouest de la route de Miélan. Il est possible que son nom ait été changé en celui de Très (qui signifie le chiffre trois) dans les années 1720. Ce lieu sera beaucoup plus tard le lieu de la maison "Chez Médard".
Trilhe est la maison de la famille de maitre Jean Latrilhe, époux de Huguette Cieutat. Jean Latrilhe était maitre artisan, mais son métier n’est pas mentionné. Il décède en 1652 (1624-1652). Un Pierre Latrilhe, probablement son fils, se marie en 1648 avec Dominique Cénac. La maison Trilhe disparait avant 1700 et la première apparition de Très date de 1723.
Peyronet ou Peyrounet
La maison Peyronet a été localisée grâce au plan cadastral de 1778. La parcelle Peyronet est la première parcelle au nord du presbytère, qui se trouve lui-même sur le côté ouest du chemin de Trie, face à la chapelle. On trouve à Peyronet un Arnaud Lazies (1624-1647), marié avec Jacqueline Milhas, et autre Arnaud Lazies marié avec Jacqueline Vergès (1626-1647). Jacqueline Milhas est décédée en 1647, ce qui exclue que le premier Arnaud se soit remarié avec Jacqueline Vergès. On retrouvera le patronyme Lazies dans d’autres maisons au 18ème siècle.
Berroy
Sur un acte de sépulture de l’année 1636 le curé indique qu’un enfant Formigué de la famille du Berroy, "mon voisin", est décédé. Dans un autre acte il parle du Berroy de dessus, c’est-à-dire du nord. Il y avait donc deux maisons au Berroy. On vient de voir qu’au nord du presbytère se trouvait la maison appelée Peyronet. Les deux maisons Berroy étaient donc au sud du presbytère, là où se trouve au 18ème siècle la maison appelée Roques.
A Berroy du sud il y a deux ménages Cougot, Dominique époux de Jeanne Baudéan (1647-1648), et Jean époux de Marie Dossat (1624). Jeanne Baudéan était originaire de Forcets. Il parait peu probable qu’elle fut apparentée aux Baudéan de Chouteou du fait qu’il n’y a aucun parrainage croisé entre les deux ménages.
La maison Berroy du nord est occupée par le ménage de Jean Formigué, qui a épousé Anne Cougot, puis en secondes noces Anne Milhas. Un Pierre Formigué est présenté comme bordier, apparaissant sur le registre de 1690 à 1707. Un de ses fils a eu comme parrain François de Béon de Bière et pour marraine Anne Marguerite de Béon de La Palu. Était-il bordier du seigneur de Béon, de la famille Dossat, ou du notaire François Courtade ? Le patronyme Formigué disparait de Castex après 1707. Il n’y a pas davantage d’indication.
Le quartier de l’église, secteur central coté Est
On examinera successivement les maisons du côté nord du chemin de Maumus, puis celles comprises entre le chemin de Maumus et le chemin du Moulat. Le secteur compris entre le chemin de Maumus et le chemin du Moulat est celui où l’on trouve le plus de patronymes différents. On peut supposer, comme ce sera le cas au 18ème siècle, que ce secteur était celui où les artisans s’installaient préférentiellement. Malheureusement le registre paroissial des années 1624-1649 ne mentionne pas, ou très rarement les métiers.
Il y avait dans ces années plusieurs maisons à l’Est du chemin appelé aujourd’hui Vergès-Rouède, au moins deux maisons plus au sud vers le chemin du Moulat, et deux groupes de maisons entre ce chemin et le chemin de Trie. Une hypothèse sur l’origine de ce secteur ainsi que sur celle de Gigoux-Gignoux a été émise dans l’article 03-03, comme étant les deux secteurs primitifs de Castex.
Bernès-Hauré
Le côté nord du chemin de Maumus était celui de la principale forge du village appelée Bernès, et parfois Hauré. Le changement définitif d’appellation de la forge, de Bernès à Hauré, date des premières années du 18ème siècle. La forge est entourée à l’Est par la Segne des Hauré et à l’ouest par Gaja.
Bernès-Hauré, est habitée par des ménages Cougot, forgerons de pères en fils. Plusieurs Cougot sont simultanément forgerons à Hauré, car on trouve Jean, Pierre et Sanson, tous les trois qualifiés de forgerons, et décédés entre 1633 et 1649. Le ménage forgeron de Bernès-Hauré entre 1624 et 1641 est Bernard Cougot époux de Marie Dours, originaire de Mazous. Il est possible que la forge ait été temporairement abandonnée pendant la crise de 1693 à 1698, car aucun forgeron n’a pu y être identifié avant Jean Cougot en 1712. Hauré sera une forge Cougot tout au long du 18ème siècle.
La Segne des Hauré
Le nom de La Segne des Hauré peut être traduit par "l’enseigne des forgerons". On a donc supposé que cette maison se trouvait à proximité de Bernès-Hauré, probablement plus à l’est sur le chemin de Maumus. Le propriétaire de cette maison est Clément Dastugue, époux d’une Marie Cougot (1633-1646), peut-être fille d’un des Cougot forgeron. Clément Dastugue est probablement celui qui a construit par la suite la maison Clament (à ne pas confondre avec Clamens) que l’on trouve à partir de 1693 au quartier du midi, confront à la maison Trouillès.
Gaja ou Gajan
La maison Gaja faisait l’angle au croisement du chemin de Miélan et du chemin de Maumus. Gaja apparait dans les registres en 1690, propriété de Pierre Abadie. A cette date le patronyme Abadie est nouveau à Castex. Il a épousé en 1690 une Anne Cougot, peut-être fille d’un Cougot forgeron, qui lui aurait cédé une parcelle pour y construire sa maison. Veuf, Pierre Abadie s’est remarié en 1698 avec Anne Sorbet, originaire d’Estampes.
Au sud du chemin de Maumus et à l’est du chemin de Devant (aujourd’hui chemin Rouède-Vergès) on trouve d’abord Guerre et Moureau, puis au niveau du chemin du Moulat Chitou et Seindin.
Laguerre et Moureau
Guerre, ou Laguerre, et Moureau se trouvaient sur le côté Est du chemin de Devant, appelé aujourd’hui Vergès-Rouède. Y avait-il une relation entre Miguerre et Laguerre ? On a émis une hypothèse sur l'origine du mot "guerre" dans l'article précédent.
Le propriétaire de Guerre est Pierre Milhas, époux de Marie Laporte (1626-1646). Son fils Sanson épouse en 1643 Anne Cougot et décède en 1689. Guerre prendra plus tard le nom de Miqueu (Mikéou ou Michel).
Au sud de Guerre, Moureau est une maison Cougot avec deux ménages. Dominique Cougot a pour épouse Marie Milhas (1631-1643) et Arnaud Cougot qui a épousé Guillaume (Guillemette) Loueil, originaire de Mazerolles (1647-1649).
Il est possible que certains des habitants de ces maisons fussent ouvriers dans la forge Cougot de Bernès-Hauré.
Chitou et Seindin ou Seindie
Les maisons Chitou ("le petit démuni" en gascon ?) et Seindin (Seindin ou Seindie, que l’on peut traduire par "Saint-Dieu") se trouvent toutes les deux au sud du carrefour entre le chemin de Moulat et le chemin de César, ancienne Ténarèze, Chitou côté ouest, Seindin côté Est. Aujourd’hui Chitou est située au nord de ce croisement et Seindin a disparu.
Chitou héberge dans les années 1630 à 1650 une famille Larrieu, d’abord Sansolet Larrieu marié avec Domengea Cougot, puis Pierre Larrieu marié avec Marie Porte. Quatre Larrieu sont décédés entre 1693 et 1694. Il n’y a plus de ménages Larrieu à Chitou au 18ème siècle. Les Larrieu pourraient être originaires d’Estampes.
Seindin est le lieu-dit des maisons de trois ménages Carrau : Arnaud Carrau marié avec Paule Vidou (1634-1648), Jeantet Carrau marié avec Marie Mailhes (1632-1648) et Jean Carrau marié en 1645 avec Domengea Vergès de Bouas. Un Bertrand Carrau, forgeron, décède à Seindin en 1650. Aucun document ne permet de savoir ce que sont devenus les Carrau de Seindin après 1700 et la disparition de cette maison.
Gentieu ou Jean Gentieu
La localisation de Gentieu reste incertaine. Il s’agit d’une maison disparue au 18ème siècle. Gentieu est une maison Fourcade. On a vu un autre ménage Fourcade à Manaud, dans le hameau des Bourtou (voir l’article précédent). Il y en a un troisième à Cricail, dans le quartier du Midi. Les Fourcade de Cricail et de Manaud étaient apparentés, mais aucun lien n’a été identifié avec les Fourcade de Gentieu. La localisation de Gentieu reste donc incertaine. Il ne semble pas que ce lieu-dit ait changé de nom par la suite. On a donc fait l’hypothèse qu’il se situait dans un site disparu, soir le secteur Laguerre-Moureau, soit le secteur Seindin-Chitou.
Habite à Gentieu un Jean Fourcade qui a épousé Marie Abadie (1634-1651). Il décède en 1643 et lui succède un autre Jean Fourcade qui a épousé une Catherine dont le patronyme est manquant. Ils ont eu une fille en 1646. Il n’y a plus de ménage Fourcade à Castex au 18ème siècle.
Le clos des Douat
Le clos des Douat et la maison Michot (appelé aussi Valent) sont situés sur la parcelle entre la route de Miélan, le chemin de Maumus, le chemin Rouède-Vergès et le chemin de Devant, anciennement chemin de la chapelle. Le clos des Douat se situe côté nord et Michot côté sud. Un Douat serait quelqu’un de doué ou qui a un don. Michot est un diminutif de Michel.
Le clos des Douat est le clos de la famille Mailhes, dans lequel devait se trouver leur maison-famille. Le premier Mailhes qui apparait dans les registres est Jean Mailhes, époux de Jeanne Bernichan, décédé en 1625. Ensuite Dominique Mailhes qui a épousé Marie Vergès, fille de Barthélémy Vergès et Jeanne Lamarque de Bouas (1636-1646). Enfin Pierre Mailhes qui a épousé Marie Cougot décédée en 1646, puis Domengea Tujague originaire d’Estampures (1640-1648). Il y avait probablement au moins trois maisons au clos des Douat.
Michot - Valent
Le propriétaire de Michot, appelé parfois Valent, est Arnaud Vergès, qui a épousé Isabeau Burer (1636-1648).
Le quartier du Midi côté Est
Au quartier du Midi, côté Est, on trouve du nord au sud, Trouillès, Mestrejouan, Sanson, Bernardou, puis les maisons Courtade et la maison-métairie Dossat, enfin Seignouret et le hameau de Jamnets. Ces maisons sont majoritairement des maisons de ménages Cougot, qui font face, sur le côté ouest, à des maisons majoritairement de ménages Dossat. Il n’est pas possible de savoir si cette "ségrégation" cachait des rivalités entre familles, toujours est-il que plusieurs Cougot avaient épousé des filles Dossat, et inversement des Dossat avaient épousé des filles Cougot.
Trouillès
Trouillès est la première maison après la parcelle sur laquelle se trouve la chapelle. Il y a deux ménages Cougot à Trouillès, Dominique Cougot qui a épousé en 1642 Marie Vidou, originaire de Bernadets (1642-1648), et Pierre Cougot, époux de Marie Trouette, originaire d’Antin (1626-1637). Pierre Cougot a peut-être employé dans les années 1640 un métayer du nom de Dominique Bégué, pour lequel lui et sa femme ont été parrain et marraine d’un enfant. Ce ne pouvait pas être un domestique car les domestiques devaient être célibataires. Bernard Cougot, fils de Pierre ou de Dominique Cougot, se marie en 1698 avec Marie Mailhes.
Sanson
Du nord au sud, il y avait deux maisons entre Trouillès et la maison Courtade, Sanson, puis Mestrejouan, peut-être trois avec Bernardou. Dans les années 1690 Clément Dastugue construira sa maison appelée Clament entre Trouillès et Sanson.
La maison Sanson est habitée par Dominique Cougot et sa femme Domengea Dossat (1634-1646). Son père, parrain d’une de ses filles, se prénomme Sanson. C’est donc peut-être lui qui a construit cette maison. Une autre fille de Dominique Cougot et Domengea a pour parrain Pierre Dossat, curé de Masseube. Domengea Dossat lui était probablement apparentée, comme beaucoup des Dossat de Castex.
Mestrejouan
Le nom de Mestrejouan pourrait être issu du prénom, Jouan ou Jean, d’un maitre charpentier cagot (voir article 15-04). Mestrejouan est la maison de Jean Cougot et de son épouse Anne Larrieu (1626-1640).
Bernardou
Benardou (Petit Bernard) a été localisée dans ce secteur, car habitée par un ménage Cougot-Dossat. Comme de juste, Bernardou est la maison de Bernard Cougot (1624-1639). Il a épousé Genson Dossat. Cette maison a disparu ou changé de nom après 1700.
Courtade
La maison Courtade faisait suite aux trois maisons précédentes sur le côté Est du chemin de Trie. Martin Courtade (ou Cortade) y était notaire, probablement notaire seigneurial au service des seigneurs de Béon. Il était le seul bourgeois de Castex à cette époque. Il possédait une propriété relativement étendue dont on ne connaitra les détails qu’à partir de 1729. Il est probable que Martin Courtade faisait exploiter sa propriété par un métayer. Martin Courtade était un fils de Dominique Courtade, notaire à Mont-de-Marrast. L’office notarial de Mont-de-Marrast est sans doute ancien. Il durera jusqu’au 19ème siècle, mais dans le courant du 18ème siècle, le notaire de Mont-de-Marrast, qui tenait alors un office de notaire royal, avait son étude à Miélan. Martin Courtade a épousé Andrée Dossat avant 1635. Andrée Dossat est dite de la famille de Jean Sartes, c’est-à-dire de la maison Sartes dont il sera question plus loin (1635-1647).
Dossat
La maison-métairie Dossat (parfois Doussat ou Daussat) se trouvait immédiatement au sud de la maison Courtade. Aucun ménage Dossat n’y résidait. Il n’y a pas d’information précise sur cette métairie au 17ème siècle. Les registres donnent des noms de métayers entre 1732 et 1743, mais pas au siècle précédent. Pierre Dossat, curé de Masseube, est cité plusieurs fois comme parrain d’enfants baptisés à Castex entre 1642 et 1646. Par ailleurs Jeanne Legendre-Gourgues mentionne dans son histoire de la famille d’Antin que le 28 octobre 1638 le marquis d'Antin affranchit du fief (ou du cens) une pièce de terre appelée le Mounalou à Bernadets-Debat en faveur de Pierre Dossat, curé de Masseube, sous l'hommage d'une paire de gants à chaque mutation. L’Aveu et Dénombrement du duc d’Antin mentionne en 1717 que "les héritiers Dossat tiennent à foi et hommage une maison et une terre à Bernadets-Debat". Le propriétaire de la métairie Dossat était donc probablement ce Pierre Dossat. Au siècle suivant elle sera propriété de Julien Dossat, également curé de Masseube. La famille Dossat n’était peut-être pas bourgeoise au 17ème siècle, mais riche et influente.
Seignouret
L’origine possible de la maison Seignouret a été évoquée dans l’article 10-02. C’est au 17ème siècle une maison Vidou. Un Bernard Vidou, âgé de 70 ans y décède en 1625. Jean Vidou, peut-être son fils, se marie en 1638 avec Françoise Lasvignes, née à Maumus. Deux générations plus tard Pierre Vidou s’y marie en 1687 avec Domengea Mailhes.
Jamnets
Les dernières maisons de Castex en direction du sud forment un petit hameau appelé Jamnets. Jamnets est un toponyme assez courant autour de Castex, issu probablement du prénom Jayme. On y trouve entre quatre et cinq ménages Cougot, dans plusieurs maisons, peut-être mitoyennes.
Guilhem Cougot, décédé en 1644, époux de Anne Lamarque (1624-1644), Bertrand Cougot qui épouse en 1638 Françoise Collongues, originaire de Bernadets (1638-1649), Jean Cougot, frère de Guilhem, qui épouse en 1640 Domengea Milhas (1640-1649), enfin un autre Guilhem Cougot qui épouse en 1646 Domengea Dossat (1646-1648). Le même jour Bertrand Cougot se marie à Jamnets avec Bertrande Milhas, mais rien n’indique qu’il y résidât.
Le quartier du Midi côté ouest
Le côté ouest du chemin de Trie comporte cinq noms de lieu-dit. Deux d’entre eux ont disparu en 1729. Autant en 1729 qu’en 1778, toutes les maisons du secteur ouest sont groupées en face des maisons Courtade et Dossat. On fera donc l’hypothèse qu’il en était de même entre 1624 et 1649. Du nord au sud, les lieux-dits localisées sont Cricail, Richard et Baqué. On y a localisé deux autres lieux-dits disparus appelés Pierret et Sartes, hébergeant des ménages Dossat. Une maison Mailhes appelée Sextias apparait vers 1710 mitoyenne de Cricail, mais aucun indice ne permet de laisser supposer qu’une des maisons disparues ait pris le nom de Sextias.
Quatre parmi les cinq lieux-dits de ce quartier sont des maisons Dossat : Richard, Baqué, Pierret et Sartes. Quelques liens de parenté entre eux ont été identifiés grâce aux parrainages. Il est possible que la maison du nom de Sartes soit la maison-famille des Dossat de Castex. Mais Sartes a disparu au 18ème siècle.
Cricail
Ce sobriquet est peut-être à l’origine celui d’un homme à la voie aigüe. Y aurait-il une relation avec la caille qui se dit en gascon cascalhet, prononcé cascaillett, ou avec l’équarisseur qui en gascon se dit le calhet (caillett) ?
Il y a trois ménages de patronymes différents à Cricail donc probablement entre une et trois maisons : Jean Vergès qui a épousé en 1643 Jeanne Collongues, fille d’Arnaud Collongues de Bernadets (1643-1650) ; Jean Fourcade qui a épousé Mathieue Bonassies (1628-1649). Jean Fourcade est le père d’Arnaud Fourcade de la maison Manaud du quartier nord ; Guillaume Castaing qui a épousé Domengea Cougot (1624-1627). Le patronyme Castaing n’apparait à Castex que pendant trois ans. Il est possible que le ménage Castaing soit celui d’un métayer de la famille Dossat ou Courtade.
Richard
Lou richardé sont les gens riches en gascon. Richard serait donc, soit la maison d’un prénommé Richard, soit un sobriquet attribué à la maison de personnes aisée qui pourraient être des ménages Dossat. Dans les années 1632 à 1647 Richard est à Bertrand Dossat et à sa femme Jeanne Cougot. Jeanne Cougot est une fille d’un Cougot de Jamnets. Puis Richard est à Guillaume Dossat qui épouse Jeanne Mailhes en 1706.
Baqué
Baqué est dite dans les années 1620 "Baqué du Richard". Baqué, ou Bacché ou Bacqué, signifie le vacher en gascon, peut-être donc à l’origine la maison d’un vacher de la maison Richard. Dans les années 1620, Baqué est à Jean Dossat qui a épousé Marie Loueil. Il pourrait être décédé en 1692. Des années 1638 à 1650 on y trouve Pierre Dossat, probablement un frère de Jean, qui a épousé Jeanne Mailhes en 1638.
Pierret et Sartes
Pierret est la maison de Petit Pierre, alors que Sartes serait à l’origine la maison d’un tailleur d’habits (le tailleur d’habit se dit sarte, prononcé sarté en gascon).
Pierre Dossat s’est marié à Sartes en 1641 avec Domengea Dufour, née à Mirande. Ils sont à Pierret de 1642 à 1649, mais Domengea Dufour a accouché en 1647 à Sartes. Le parrain de leur fils ainé est Pierre Dossat, curé de Masseube, oncle paternel du baptisé, donc frère de Pierre du Pierret. Le sobriquet de la maison Pierret disparait après 1650.
Sartes est habité dans les années 1620 par Jean Dossat, marié avec Jeanne Deffes (1624-1638). Dans la décennie suivante Sartes est occupée par Pierre Vergès qui a épousé Bernarde Dossat. Bernarde Dossat est une sœur du Pierre Dossat de Baqué. (1634-1638). Un frère de Pierre Vergès, Jean, époux de Marie Milhas est à Sartes de 1635 à 1649. Il cohabite avec un troisième Vergès, Jean également, qui a épousé Domengea Sorbet en 1647. Sartes disparait ou change de nom après 1650.
On va désormais suivre chaque maison et chaque famille ou ménage de Castex pendant les 300 ans qui vont suivre. La période suivante sera celle des années 1721-1749, sous Louis XIV. On mesurera alors les transformations importantes que le village a subi après la crise démographique des années 1693-1698 (article 17-07).
Cet article clos la description du village de Castex au 17ème siècle. On termine dans le prochain article l’évocation du Grand Siècle avec la poursuite de la succession des barons, puis marquis d’Antin, qui auront un rôle particulier à Castex au 18ème siècle.