On présentera de la même façon les données démographiques de Castex pour huit périodes des 17èmes, 18èmes et 19èmes siècles. Les données sont issues des registres paroissiaux, puis d’états-civils, complétées à partir de 1836 par les recensements nominatifs.
Informations contenues dans les actes :
Les registres du village de Castex couvrent les années 1624 à 1914 avec des lacunes. Toutes les pages en ont été photographiées et chaque acte a été saisi dans un tableur comprenant les feuilles baptêmes-naissances, mariages et sépultures-décès. Chaque acte est relié à une page photographiée.
Baptêmes-naissances : date, prénom du nouveau-né, noms des parents, domicile sauf de 1650 à 1720 et sauf après 1792. Jusqu’en 1791, noms des parrains et marraines et parfois relation familiale des parrains et marraines avec le nouveau-né (oncle, tante, grand père, …). A partir de 1792 noms des témoins (toujours des hommes), et parfois leur âge et leur métier.
Mariages : date, noms des époux, domiciles ou simplement nom du village de naissance, nom des parents après 1738, date de naissance des époux à partir de 1861, parfois métier des époux. Les mariages d’habitants de Castex de 1798 et 1799 ont été enregistrés sur le registre de Miélan et reportés dans les fichiers de Castex. Après 1792 les registres comportent les noms des témoins et souvent leur âge et leur métier.
Sépultures-décès : date, nom du défunt, souvent l’âge, le domicile parfois, noms des parents pour les jeunes enfants, parfois le nom de l’époux ou de l’épouse survivant, nom des parents seulement après 1863.
Les filiations sont difficiles à mettre en évidence jusqu’au début du 19ème siècle. A partir de 1836 les recensements permettent presque toujours de les établir sans ambiguïté.
Sur l’ensemble des périodes, lorsque l’âge est renseigné, ce n’est qu’une information déclarative, non vérifiable, car il n’y a pas de documents d’identité. Les âges des séniors lors du décès sont probablement les plus approximatifs.
Les registres du 17ème siècle mentionnent toujours le sobriquet de la maison ou du groupe de maison des parents et témoins des baptisés, des mariés et des défunts.
Exploitation des fichiers concernant les actes
Les données exploitables sur les registres ont été regroupées selon les périodes suivantes :
- Au 17ème siècle, années 1624 à 1649 (25 ans) >> Sous Louis XIII
Les années 1650 à 1720 sont manquantes ou très lacunaires
- Au 18ème siècle, années 1721 à 1749 (28 ans) >> Sous Louis XIV
Les années 1750 à 1766 sont lacunaires
- Au 18ème siècle, années 1767 à 1788 (21 ans) >> Sous Louis XVI
- Au 18ème siècle, années 1789 à 1815 (26 ans) >> La Révolution et l’Empire
- Au 19ème siècle, années 1816 à 1847 (31 ans) >> La Restauration de la royauté
- Au 19ème siècle, années 1848 à 1870 (22 ans) >> Le Second Empire
- Au 19ème siècle, années 1871 à 1892 (21 ans) >> La 3ème République
- Au 20ème siècle, années 1893 à 1914 (21 ans) >> La République radicale
Pour chacune de ces huit périodes, on a regroupé en un fichier unique les actes de baptêmes-naissances, mariages et sépultures-décès, et trié ensuite par patronymes, et par adresses (sobriquets de la maison).
On propose ainsi pour chacune de ces huit périodes :
- Les courbes des nombres de mariages, naissances et décès ;
- La courbe de la mortalité infantile, comptée de 0 à 10 ans ;
- Un graphique de la mortalité par tranches d'âges, avec quatre tranches d’âges : 0-10 ans, 11-20 ans, 21-60 ans, plus de 60 ans ;
- Des graphiques montrant la part des patronymes dominants dans la population, calculée à partir des nombres de naissances, mariages et décès, puis à partir des recensements ;
- Le détail des métiers exercés par les habitants au cours de chacune des périodes, lorsqu’ils sont renseignés ;
- Dès lors que l’on dispose de l’âge ou de la date de naissance des époux, on donnera une estimation de l’âge moyen du mariage ;
- On donnera par ailleurs pour chaque période, un aperçu de l’origine de l’époux ou de l’épouse lorsque l’un d’eux n’est pas né à Castex.
Les curés, puis les maires n’ont pas toujours renseigné les actes des mêmes informations. Certaines peuvent donc manquer pour telle ou telle période.
Les indicateurs démographiques habituels, tels que le taux de natalité ou le taux de mortalité, supposent la disponibilité du nombre d'habitants. Or le premier recensement date de 1836. On a donc tenté une estimation de la population pour les périodes antérieures en se basant sur une estimation du nombre de ménages et du nombre moyen de personnes par ménage. Ces estimations sont donc des approximations et doivent être prises comme des tendances.
Les ménages, les familles et la population
On appellera ménage un couple, père et mère mariés avec leurs enfants, tels qu’ils sont identifiés sur les registres. Avant 1789, on parlait non pas de ménages, mais de feux allumant. On appellera famille un ensemble de ménages de même patronyme.
Il existe des ménages invisibles sur les registres, ceux qui n’ont pas eu d’enfants au cours de la période étudiée, ou qui les ont eus dans les années antérieures, plus rarement postérieures. Ce sont soit des personnes d’âge mur, dont les enfants, ou certains d’entre eux, nés dans la période antérieure, vivent encore avec eux, soit des personnes âgées dont les enfants sont mariés et ont quitté le domicile familial, sauf le plus souvent un héritier ou une héritière. Dans les périodes antérieures aux recensements, on ne peut identifier les ménages invisibles que par le décès d’un des deux époux. A partir de 1836 les recensements permettent d’identifier les ménages sans ambiguïté. On a donc, pour chaque période antérieure aux recensement, tenté de compter les ménages invisibles.
A partir de 1836, lorsque les grands-parents vivent dans la même maison que leurs enfants et petits-enfants, on a compté un seul ménage. Les recensements mentionnent parfois des proches vivant dans un ménage, oncle, tante, neveu, nièce. Il n’est pas possible de savoir si ces proches sont à Castex en visite ou en séjour de longue durée. On a supposé que ces personnes étaient en séjour de longue durée. Avec ces données on a calculé le nombre moyen de personnes par ménage. Lorsqu’il y a des domestiques ou servantes, ils ont été exclus du nombre de personnes dans le ménage pour lequel ils travaillent. De cette manière, le nombre de personnes par ménage ressort à 4,8 en 1836, à 4,6 en 1841, à 4,4 en 1846, puis à 4 en 1851 et 1856, et à 3,5 au-delà.
Pour les années antérieures à 1836, on a tenté des estimations du nombre de ménages et de la population sur les périodes indiquées plus haut, donc sur des durées de 21 à 31 ans. A partir des registres, on a identifié pour chaque maison ou groupe de maisons de même sobriquet, les ménages qui ont eu des enfants dans la période. On obtient ainsi le nombre des ménages visibles. Les années de naissance des enfants permettent de connaitre la durée de vie moyenne du ménage, à priori entre 20 et 30 ans après le mariage ou après la naissance du premier enfant. On estime ensuite le nombre de ménages invisibles en fonctions des années de décès dans la même maison. La somme des ménages visibles et invisibles donne une idée du nombre de ménages au village sur la période. Pour l’estimation de la population des 17èmes et 18èmes siècles on a pris le chiffre de 4,5 personnes par ménage. Les ménages avaient un assez grand nombre d’enfants comme on le verra, mais la mortalité infantile était importante.
Au 18ème siècle le livre terrier de 1729 et la reconnaissance féodale de 1778 listent les propriétaires. Les registres paroissiaux permettent ensuite d’estimer le nombre de ménages résidents non propriétaires (métayers, locataires, …) sur les deux premières périodes de ce siècle.
Les prénoms et patronymes
L'écriture dans les registres est manuscrite, et pas toujours très lisible. Quelques pages sont abimées et partiellement illisibles. L’écriture est toujours en langue française, mais certains patronymes peuvent être saisis phonétiquement en parler gascon. L’orthographe des patronymes est donc parfois variable. Ils ont été harmonisés selon l’orthographe du 19ème siècle : Vernichan devient Bernichan, Doussat devient Dossat, mais Cortade devient Courtade, Despiaux ou Despaulx deviennent Despaux, Dupouy devient Dupuy, etc. Une difficulté subsiste avec le patronyme Vergès, ou Bergès, qui devient Vergez au 19ème siècle. On a conservé Vergès jusqu’en 1815.
Il y a également parfois des erreurs de saisie, par exemple une confusion entre Dupouy et Despaux. Lorsque le nom de l'épouse ou de l'époux figure dans plusieurs actes, il est souvent possible de lever le doute, mais pas toujours.
Certains prénoms sont des diminutifs locaux comme Domenge, Domengea, Menget pour Dominique, ou Pey, Peyrot pour Pierre. On a conservé les diminutifs, mais harmonisé pour un même ménage lorsqu’il y a des variantes.
Aux 17èmes et 18èmes siècles, il était d’usage de donner au nouveau-né le prénom de son parrain pour un garçon, de sa marraine pour une fille. On a trouvé quelques cas où une personne, une fois adulte, s’est faite prénommée de son second prénom.
Il y a de nombreux homonymes contemporains, de patronymes et de prénoms. Il n’a donc pas toujours été possible de rapprocher avec certitude les actes d’un même ménage, même si l’acte précise le sobriquet de la maison.
Les métiers
Les métiers sont renseignés dans les actes entre 1770 et 1840 environ, ceux des époux pour les mariages, ceux des parents pour les naissances, et après 1792 ceux des témoins. Ils sont ensuite renseignés dans les recensements.
Les métiers sont présentés à partir du 18ème siècle selon le classement suivant : Bourgeois, rentiers, agriculteurs, métayers, artisans et commerçants, brassiers et journaliers, domestiques et servantes.
Les artisans et commerçants sont classés de la manière suivante : Métiers liés au bâtiment, métiers liés à l’agriculture, métiers liés à l’habillement, métiers liés à l’alimentation, métiers liés à la santé, autres métiers de service (desservant,