La seigneurie d'Antin est en Bigorre, mais les seigneurs, puis barons d'Antin, ont également été seigneurs et barons des Affites en Astarac, sans doute dès le XIème siècle, donc suzerains du territoire de Castex. Quelques siècles plus tard, de 1711 à 1757 les ducs d’Antin furent suzerains des comtes de Béon de La Palu, seigneurs de Castex. La famille d’Antin fut donc une famille importante pour Castex.
La généalogie de la famille d’Antin qui suit est principalement issue du Nobiliaire de Guyenne et Gascogne de O’Gilvy. Jeanne Legendre-Gourgues a publié en 1992 une étude sur les terres de la famille d’Antin.
Les filiations présentées dans cette étude ne sont pas toujours très claires. Je me suis référé au Nobiliaire pour les cas imprécis. Il n’en reste pas moins que la généalogie et les filiations des barons d’Antin ne sont pas sûres jusqu’à Pierre d’Antin qui a épousé en 1420 Jeanne d’Antin, une cousine éloignée. Les premiers barons concédaient fréquemment des seigneuries à leurs fils cadets dans des conditions floues dans les premiers temps, puis de plus en plus codifiées au cours des générations.
Pour ce qui concerne la seigneurie ou baronnie des Affites, on ne sait ni quand ni comment les barons d’Antin en ont acquis la pleine suzeraineté, car elle fut partagée dans les premiers temps. Les données historiques montrent que cette suzeraineté a été mouvementée à partir du 16ème siècle comme on le verra plus tard, en particulier pour la bastide de Miélan.
On trouvera à la fin de l’annexe une généalogie des barons d’Antin et de certains cadets du 13ème siècle jusqu’au milieu du 16ème siècle.
Comte-Bon[1], baron d’Antin, épouse NN de Foix. Il fut témoin en 1216 lors du mariage de Pétronille de Bigorre avec Guy de Montfort, fils de Simon de Montfort. Il a eu quatre enfants Raymond-Sanche, dit Raymond-Sac, Pierre, Arnaud-Aragon et Boëte. Raymond Sanche d’Antin, coseigneur de Sarraguzan avec le seigneur de Coarraze, donna en 1266 des coutumes aux habitants de Sarraguzan. En 1217 il fit des libéralités à l’abbaye de Berdoues en Astarac, conjointement avec ses quatre enfants.
[1] Comte-Bon : Jusqu’à la fin du 14ème siècle, les fils ainés des barons d’Antin se nomment tous Comte-Bon, ou Comtebon. Aucun n’a pour autant le titre de Comte. Le Nobiliaire ne donne pas de rang à ce premier Comte-Bon.
Il y a ensuite une ambiguïté entre deux Pierre d’Antin, le premier, fils de Comte-Bon et époux d’une dame Géraude, et le second, son fils présumé, qui a épousé Ousse d’Encausse, dame de Bonnefont. Le Nobiliaire ne donne aucune date et n’indique pas lequel des quatre enfants de Comte-Bon lui a succédé en tant que baron d’Antin. Il est donc possible que Comte-Bon ait survécu à ses enfants. Certaines sources ignorent le premier Pierre d’Antin et ses quatre enfants.
D’après le Nobiliaire, Pierre d’Antin, chevalier, seigneur d’Ours, fils de Comte-Bon et époux de dame Géraude, a eu quatre enfants : Comte-Bon 1er qui a épousé Marie de Monlezun, Raymond-Sanche, Arnaud-Garcia et Pierre. C’est probablement ce dernier Pierre, baron d’Antin, époux d’Ousse d’Encausse, dame de Bonnefont, qui a confirmé les coutumes de Sarraguzan en 1292. C'est également ce Pierre d'Antin, alors damoiseau, qui aurait été témoin lors de la donation de Castets à Arnaud de Béon en 1284. En 1285 il prêtait serment de fidélité à Constance de Béarn, comtesse de Bigorre. Il possédait en 1336 un moulin sur le Bouès dans la seigneurie des Affites "au lieu de Miélan".
Comte-Bon Ier, baron d’Antin, fils ainé du premier Pierre d’Antin, né vers 1251, mort avant 1291, épouse Marie de Monlezun, fille d’Arnaud-Guillaume de Monlezun, comte de Pardiac.
Comte-Bon 2, baron d’Antin (vers 1270-1340). Il est compté parmi les barons du comté de Bigorre en 1300.
Comte-Bon 3, baron d’Antin (vers 1310-après 1347), dit Le Jeune, épouse Condrine de Preyssac, fille de Vital de Preyssac, seigneur de Gavarret, Miramont, Preyssac, etc., et d’Anglèse d’Arros.
Comte-Bon 4, baron d’Antin (vers 1340-1400), est qualifié de chevalier, baron d’Antin, seigneur des Affites, Bonnefont, Sarraguzan, Bernadets et autres lieux en 1366. Il guerroie alors dans les armées du roi de France contre les Anglais, ce qui lui vaut des gages significatifs de la part du roi de France. Il eut trois épouses, Mascarosse de Jussan, fille d’Arnaud de Jussan et de Navarre (ou Navarrine) d’Antin, dame des Affites, de Castets et de Sadeillan, puis Isabelle de Linières, enfin en 1392 la vicomtesse de Lavedan.
On trouve deux hypothèses sur la filiation de Navarre d’Antin. Selon les uns elle serait fille de Raymond-Sanche d’Antin et de Frisade de Lavedan. Ce Raymond-Sanche serait le frère cadet de Comte-Bon 1er, fils du premier Pierre d’Antin. Selon les autres elle serait fille de Comte-Bon 2 d’Antin. Elle serait donc soit une grand-tante, soit une tante de Comte-Bon 4. Elle serait née vers 1320, donc 20 ans plus âgée que Comte-Bon 4. Elle est qualifiée de dame des Affites, de Castets, d’Auriebat et de Sadeillan. Mascarosse, sa fille, aurait été enfant, peut-être orpheline, "placée en dépôt" (?) dans un château familial par Comte-Bon 4 dans le but de réintégrer la seigneurie des Affites dans la baronnie. Elle devait de toute façon être une parente proche de Comte-Bon 4 car une dispense du pape a été nécessaire pour autoriser le mariage.
Arnaud Ier, baron d’Antin (né vers 1370), fils ainé de Comte-Bon 4, reçoit en 1399 en tant que baron d’Antin et des Affites, les hommages des seigneurs de Castets, d’Artiguaux et de Saint-Christ, ses vassaux. On ignore le nom du seigneur de Castets. Il épouse Sybille de Manas en Astarac. Il est mort avant son père Comte-Bon 4.
Pierre, baron d’Antin (vers 1395-1454), chevalier, fils de Comte-Bon 4 d’Antin et de la comtesse de Lavedan, sa troisième épouse, fut chambellan du roi de France. Il servit quelques temps le roi d'Angleterre (1419-1420), rendit hommages pour la terre des Affites au comte d'Armagnac en 1422. Il épouse en 1420, avec dispense du pape, Jeanne d’Antin, sa petite nièce, fille d’Arnaud d’Antin et de Jeanne de Castelbajac. Cet Arnaud était un fils cadet d’Arnaud 1er d’Antin. Après un long procès contre son demi-frère Comte-Bon, fils ainé de la seconde épouse de son père, sans descendance, il obtint le titre de baron d’Antin et la possession des terres de la baronnie.
La descendance de Pierre d’Antin se poursuit ensuite en ligne directe jusqu’à Jeanne d’Antin, fille ainée d’Arnaud d’Antin et d’Anne d’Andouins et héritière de la baronnie. Elle se marie en 1561 avec Hector de Pardaillan de Gondrin. Ce sera un nouveau chapitre de l’histoire des seigneurs d’Antin.
Arbre généalogique de la famille d'Antin d'après le Nobiliaire de Guyenne et Gascogne